Adoption et respect véritable de l’animal

par Valérie Gosselin, M.Ps., psychologue et conférencière

« Les animaux sont présents sur la Terre AVEC nous et non pas POUR nous… »
– Auteur inconnu

Cette belle citation, dont j’ignore malheureusement l’auteur, introduit à merveille ce dont je veux vous parler aujourd’hui sous le thème « Adoptons Responsablement »…

Tout d’abord, ce point de vue proposé dans cette citation, point de vue avec lequel tous ne seront pas d’accord, nous oblige au moins à réfléchir et nous positionner par rapport à notre vision du monde animal, à notre perception de la place et du rôle des animaux dans la hiérarchie des êtres vivants (si hiérarchie il y a), de leur importance dans la Nature, dans l’ordre des choses, etc.  C’est un point de vue intéressant à discuter, débattre, échanger et qui risque de ne laisser personne indifférent !

2014-ChoubiPersonnellement, la lecture de cet énoncé m’a fait beaucoup de bien et a raisonné positivement en moi parce qu’il propose une vision claire, un point de vue simple et concret pour savoir comment situer l’animal par rapport à l’humanité afin  d’inspirer le respect et la compassion au même titre qu’envers un autre être humain.  Le sentiment que je ressens lorsque je lis cette citation fait naître en moi un respect, un engagement et une considération encore plus vraie, réaliste et en accord avec la nature propre de l’animal et ce dont il a besoin pour être heureux.

Or, lorsque vient le temps d’ADOPTER un animal de compagnie, le fait d’endosser ou non ce point de vue peut faire une grande différence quant aux traitements qu’on lui dispensera, à notre engagement envers lui au fil des ans, etc.  Si on juge que l’animal qui entre dans notre vie n’est pas simplement présent sur Terre pour nous servir, nous faire plaisir, etc. mais que nous sommes tout étant présent sur Terre pour le servir, lui faire plaisir (les chats l’ont pourtant compris depuis bien longtemps… hihi!), notre responsabilité et notre respect envers lui s’en verront modifier positivement.

Je crois même qu’il en va de notre responsabilité individuelle d’adhérer à ce point de vue avant d’introduire un animal de compagnie dans notre vie quotidienne.  Lorsque l’on considère l’animal comme son égal au plan de son droit de vivre, d’être heureux, d’exister sur la Terre, etc., on est spontanément plus enclins à lui offrir les conditions de vie qui vont lui permettre d’atteindre un niveau de bien être satisfaisant.  C’est ainsi que, le négliger, le laisser seul trop souvent ou trop longtemps, ne pas le soigner adéquatement, ne pas le nourrir avec de bons aliments, l’abandonner, etc. deviennent des options impossibles à envisager…

Pour ma part, cette façon de considérer l’animal m’incite encore davantage à m’occuper de lui avec le même niveau de responsabilité et les mêmes valeurs que je le ferais avec un être humain.  Certains vont trouver exagérée ma façon de penser et c’est correct, chacun a droit à son point de vue, à sa façon de percevoir la vie qui nous entoure. Tant qu’aucune personne ou animal ne souffre de la vision qu’on emprunte pour concevoir notre entourage, je respecte les différences de points de vue.  Par contre, aussitôt que la liberté et le bien être de quiconque est brimé, je pense que des changements d’opinions s’imposent.  Aussi, je suggère que les personnes qui ne voient pas l’animal comme étant ici sur Terre avec nous, mais qu’ils les voient plutôt vivre ici pour nous, ne sont pas prêts à adopter un animal domestique. Ils ont le droit de ne pas être d’accord avec l’énoncé, mais je pense qu’il en tient de leur responsabilité individuelle de ne pas adopter dans ces conditions parce que l’animal mérite, tout comme chaque être humain, d’être respecté, aimé et considéré à sa juste valeur.

Dernier point important à mentionner concerne les risques liés à l’anthropomorphisme.  Selon notre célèbre encyclopédie Web Wikipédia, ce terme désigne l’attribution de caractéristiques humaines à d’autres entités comme des animaux, comme si par exemple on transposait certaines qualités humaines telles que comprendre, réfléchir, ressentir exactement les mêmes émotions face aux mêmes situations, etc.  Respecter l’animal, c’est ne pas le dénaturer, le domestiquer à l’extrême.  Un animal demeure un animal et un animal coupé complètement de sa nature profonde n’est pas heureux.  Traiter l’animal « avec le même respect et les mêmes valeurs qu’un être humain » ne signifie pas « de la même façon » ou « avec les mêmes moyens ».  Les besoins d’un animal sont différents des besoins d’un être humain et les besoins d’une espèce sont différents d’une autre espèce. Par exemple, il va de soi que si l’on veut que notre furet soit heureux et bien dans son environnement, on ne lui offrira pas les mêmes conditions qu’à notre chien ou notre cheval.  Aussi, soyez vigilant à ne pas traiter mieux l’animal que les êtres humains qui vous entoure. Mon article ne signifie pas du tout d’agir en ce sens, mais plutôt de respecter le monde animal tout autant que l’humanité.

Gandhi disait « On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités ».  J’ajoute souvent que l’on peut aussi juger de la grandeur d’une personne par la façon dont elle traite les animaux. Ainsi, soyons grands !

Merci pour votre intérêt à me lire !

Valérie Gosselin, M.Ps., psychologue et conférencière
Fondatrice Clinique Amis-Maux Inc.
vgosselin@amis-maux.com
www.amis-maux.com

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