La vie de misère de nos chats errants en hiver

Les journées raccourcissent et les températures descendent… L’hiver approche!

Nos hivers québécois sont souvent synonyme de misère pour beaucoup d’animaux indigènes et encore plus pour ceux qui ne le sont pas. Les chats domestiques sont, à l’origine, des mammifères adaptés pour la chaleur et la sécheresse comme les déserts ou les semi-déserts. Cet animal domestiqué il y a bien longtemps a appris à s’adapter à bon nombre d’environnements. Malheureusement, il est loin d’être apte à survivre à nos hivers malgré ce que la croyance populaire laisse croire. Chaque année, des centaines de chats errants meurt avant la fin de cette saison difficile et encore plus y laissent une partie d’eux-mêmes.

L’hiver, l’eau gèle et la nourriture se fait rare. La plupart des petits animaux que chassent les félins sont en hibernation ou migrent. La recherche de nourriture devient alors un combat à temps plein et l’eau est elle aussi difficilement accessible. S’ils sont chanceux, quelques âmes charitables penseront à déposer de l’eau ou de la nourriture près de la porte, mais ils sont encore trop peu nombreux à le faire et certaines municipalités vont même jusqu’à interdire ce geste pour éviter d’attirer les chats errants.

1

Les chats qui survivent en portent souvent des séquelles physiques. Des séquelles qui rappelleront à tous la douleur, le froid et la faim. Parmi les plus fréquentes, les oreilles et les pattes sont les premières séquelles des victimes du froid. Le chat, souvent sous-alimenté et en carence, a de la difficulté à non seulement produire de la chaleur, mais aussi à la conserver. Frigorifié, ce dernier choisit souvent d’économiser son énergie en se terrant à l’abri du vent et de la neige. Habituellement, c’est alors que survient rapidement les engelures. Les oreilles commencent par tomber, les coussinets à brûler et vient parfois à perdre aussi une partie de la queue. Dans les autres cas, un membre entier peut lui aussi être perdu suite aux engelures ou bien encore causer inévitablement la mort de l’animal.

Ce n’est toutefois pas le pire. Malheureusement, les femelles peuvent tomber en chaleur durant toute l’année et il y aura toujours un mâle non loin pour venir la couvrir. Les chattes enceintes doivent alors déployer un effort incroyable afin de réussir à se nourrir elles-mêmes, mais aussi leurs futurs chatons. Si par chance, elles survivent jusqu’à leur accouchement, elles devront trouver un endroit pour y mettre bas et allaiter leurs petits. En plein mois de février, lorsque les températures peuvent descendre jusqu’à -40 degré Celsius, c’est un combat perdu d’avance. La plupart des chatons et les mères n’y survivront pas, seuls les petits nés plus tôt dans l’année auront une meilleure chance de survie.

2

Pour combattre ce froid, certains félins auront l’instinct de se cacher sous les voitures et également à l’intérieur de la charpente même du véhicule. Toutes les sources de chaleur sont vitales, cependant certaines seront plus meurtrières que d’autres. Car dans ce dernier cas, le félin n’étant pas visible sera blessé lors du départ du véhicule. Les chats rechercheront tout l’hiver des endroits susceptible de les abriter : les boîtes vides, les niches à chiens, les remises mal fermées, etc. Ce seront les plus intelligents et les plus débrouillards félins qui auront la chance de retrouver la chaleur du printemps. On pourrait presque croire que c’est une sélection naturelle… si seulement ils étaient dans un environnement adapté.

3

Certains seront plus chanceux que d’autres et seront soit capturés, soit adoptés. Heureusement, les animaux vivent particulièrement dans le moment présent et ne repenseront probablement plus au dur passé qu’ils ont vécu. Entre vous et moi, c’est surement mieux ainsi.

Ce que personne ne sait, c’est que nous avons en notre pouvoir la solution à cette souffrance inutile.

La stérilisation.

Si tous les propriétaires seraient davantage responsabilisés et informés sur la situation, ils feraient très certainement davantage stériliser leurs chats. Il y aurait alors beaucoup moins de surpopulation féline. Au même titre qu’il n’y aurait pas 500 000 euthanasies chaque année au Québec… Changeons les choses ensemble! Informons, sensibilisons et aidons nos amis félins en éduquant leurs propriétaires sur les enjeux de la stérilisation animale pour leur bien-être !

Par Stéphanie Pellerin, administratrice du refuge ACSA (Adoption Chats Sans Abri)

Autres billets

Comment

  1. Je regarde ma Lisy couchée à la chaleur, le ventre plein et je suis peinée pour tous les autres qui n’ont pas eu sa chance. Ma soeur me l’a apportée il y a 2 mois. On l’avait abandonnée en campagne. Elle a environ 6 ans et elle est super. J’aime bien avoir des animaux que j’ai l’impression d’améliorer leur vie,,, J’espère que le message passera pour la stérélisation,,, Bonne journée