Jamais sans moi !

par Valérie Gosselin, M.Ps., psychologue et conférencière

11 juin 2014 18h30, elle nous quitte, après 17 ans de vie commune… Maggie, ma plus fidèle compagne de tous les jours, poursuit maintenant son chemin là-haut auprès des anges…

Pour ce spécial « Jamais sans moi », j’ai envie de vous parler de mon vécu aux côtés de cette chienne qui, je peux maintenant le dire, a changé ma vie. Son hommage ici me permet de dire que je n’ai pas de regret, ni de remord maintenant qu’elle nous a quitté parce que j’ai profité de sa présence auprès de moi au maximum, du meilleur que j’ai pu. Je n’ai jamais vécu « sans » elle, elle n’était jamais loin, elle faisait partie du « package deal » qui venait avec moi et c’est le plus beau cadeau que j’ai pu me faire parce que je suis en paix aujourd’hui d’avoir vécue pleinement, de lui avoir offert l’une des meilleures vies qu’elle aurait pu avoir…

10487110_10152142133167204_358382926_nC’est le 17 novembre 1996 que tout à commencer. Je débutais alors mes études au baccalauréat en psychologie, j’avais toujours le nez dans mes livres entre mes cours et mes travaux d’équipe, mais Maggie n’était jamais loin… En effet, quand elle ne me réchauffait pas les pieds sous mon bureau de travail, elle m’attendait dans la voiture dans le stationnement de l’université (évidemment quand la température le permettait!) ou elle venait s’étendre dans l’herbe pour terminer un travail d’équipe avec nous !

Je me souviens aussi que, lors d’un court séjour à New York en visite à mon grand frère Jean-François qui jouait au hockey universitaire là-bas, on avait amené Maggie alors qu’elle n’était âgée que de 2 mois loll… elle avait alors fait tourner la tête de bien des New Yorkais qui s’exclamaient en la voyant : « Ooooh a little puppy… ooooh she’s so cuuuuute !!! ». Je me souviendrai aussi toujours de la joie que j’éprouvais de la voir évoluer et découvrir avec mon copain de l’époque et moi à l’été 2001 les beautés de la Gaspésie lors d’un tour en camping de cette région du Québec à couper le souffle. J’aimais particulièrement lorsqu’elle choisissait mon sac de couchage à moi pour passer la nuit collée collée en cuillère… Je me sentais si choyée et aimée…. ☺

Au quotidien, il était important pour moi de ne jamais rater une occasion de donner de l’amour à Maggie. Concrètement, lorsque Maggie et moi se croisions dans mon appartement, le fait de croiser son regard avait souvent pour effet de provoquer une montée d’amour en moi et je me suis engagée à chaque fois, de prendre quelques secondes de mon temps pour Être avec elle, le temps d’un petit bisou sur son museau-jujube, d’une caresse, d’une gâterie, etc. Voilà une autre raison pour laquelle je me sens si sereine aujourd’hui malgré son départ. Je sais que, à chacune de ces fois, j’ai pris le temps, chacune.

Comme certains d’entre vous le savez, je suis atteinte de fibrose kystique, de diabète et j’ai été greffée du foie en mai 2010. Or, combien de fois, à la simple pensée de Maggie toute joyeuse dans ma tête, j’ai eu la force de passer tels ou tels examens physiologiques difficiles à l’hôpital, combien de fois j’ai eu la patience de prendre l’un de mes centaines de traitements de nébulisations quotidiens pour que mes poumons respirent mieux parce que ma Maggie restait là, patiemment, à me regarder et à m’attendre, sans même broncher lorsque j’étais aux prises avec l’unes de ses quintes de toux à en effrayer plus d’un (hihi!). On dirait que pour elle, à ses yeux, j’étais la fille la plus normale du monde et ça, pour moi, ça n’avait pas de prix…

C’est même Maggie qui m’a inspiré la clinique que je fonderai à Québec en 2003, la Clinique Amis-Maux Inc. Les bienfaits que Maggie avaient sur moi, sur la création des liens qu’elle facilitait par sa présence sur le campus de l’université, sur mon bien-être, sur l’acceptation de moi-même dans la maladie, etc. m’ont incité à penser que s’il en était ainsi pour moi, il y avait de bonnes chances qu’il en soit ainsi également pour les autres… c’est ainsi que s’amorça ma nouvelle carrière…

Jusqu’à la dernière seconde Maggie aura fait partie intégrante de ma vie, de mes pensées, de mes joies, de mes inquiétudes, etc. Je l’aimais et la respectais profondément et aussi longtemps que mon cœur pourra aimer, ce sera le cas. Merci Maggie pour tous ces moments de rires et de réconfort, merci d’avoir été là, chaque jour, beau temps, mauvais temps. Tu me manques, mais je sais que tu es bien là-haut d’où tu nous veilles patiemment.

Même encore aujourd’hui, après ton départ, j’ai gardé une part de toi en-dedans de moi. Cette part de moi est ton héritage au plan de ce que tu étais. Ta tolérance, ta patience, ta joie de vivre, ton endurance… tout cela je les garde au plus profond de moi et j’essaie de les incarner au meilleur de moi-même pour que toujours tu restes bien vivante auprès de nous ma douce Maggie… Merci et repose-toi bien. On se reverra un jour, lorsque j’aurai terminé ma mission à moi ici-bas. Je t’aime ♥

Dorénavant, je poursuis mon chemin avec une nouvelle compagne, Dorothée, une petite Yorkshire remplie d’énergie et de joie de vivre elle aussi. Tout comme je l’ai fait avec Maggie, Dorothée me suivra partout où c’est possible pour elle de me suivre. Même que j’ai appris de mon expérience avec ma « guidoune », comme je m’amusais à l’appeler (hihi!), et j’ai cette fois adopté une chienne plus petite qui peut entrer dans un petit sac et passer quasi inaperçue lorsque je fais mes diverses courses dans les magasins !!! Quel bonheur encore une fois de ne vivre jamais sans mon chien !! Merci la Vie…..

Comments

  1. Ton histoire me touche beaucoup, d’autant plus que mon beau Pogy vient de nous quitter après 15 belles années de vie commune. Sois heureuse avec ta petite Dorothée.

  2. Mes condoléances ma belle Valérie. Maggie a eu de la chance de t’avoir comme maîtresse. J’ai toujours pensée que vous aviez besoin l’une de l’autre, comme deux âmes soeur ! Vous avez eu des moments de bonheur, elle a été là pour toi dans tes périodes difficiles. Je suis très heureuse que vous ayez partagée cette vie ensemble… Malgré ta douleur c’est vrai que tu peux être sereine parce que vous vous êtes aimé, respecté, admiré…. Maggie a été merveilleuse pour toi et toi, tu lui a offert une vie fantastique. Elle est en paix, heureuse et elle a surement le sentiment du devoir accomplie !! Elle sera là pour toi encore, pour toujours….

    Mes sympathies !

    Affectueusement !
    Isabelle Nolin xxx

  3. Quel beau témoignage! J’ai vécu 15½ ans avec mon shih tzu Swanni, c’était aussi jamais sans mon chien, je l’amenais partout ou je pouvais. Il est décédé le 15 oct. 2012 et finalement, après l’avoir pleuré un temps, le 19 juillet 2013, j’ai adopté Kimo dans un refuge, un croisement de shih tzu et bichon probablement.
    Un chien qui ne prenait pas sa place mais à qui Swanni aurait sûrement voulu que ses jouets et ses coussins servent, pour aider un chien abandonné.
    Merci Swanni pour tout ce que tu m’as apporté, toi qui m’a appris commbien un chien n’est en fait, qu’amour!
    Bienvenu Kimo, nous allons partager nos vies pendant le temps qui nous sera donné!
    Tant qu’on n’a pas eu un chien, on ne comprend pas vraiment l’amour inconditionnel!

  4. Une belle histoire d amour, et je vous souhaite tout le bonheur possible aupres de votre nouvelle amie. Nos animaux font partie de notre vie, ils deviennent un confiden, ils nous connaissent mieux que bien d autres personnes. Continuez votre route avec la joie de vivre qui vous habite

  5. Merci Valérie de ce beau partage !

    Comme mère, j’ai été témoin de ta belle histoire avec Maggie.

    Il y a des choses dans la vie qui ne se mesure pas mais qui existe, on ne peut les acheter mais on peut les vivre et les partager, ce que tu fais très bien !!!!

    Continue d’écrire, tu nous touches toujours ! xxx