Parce qu’ils le méritent aussi – Une histoire de deux chats heureux grâce à la stérilisation

Par Élaine Paquet du Refuge chez Gimli

Voici l’histoire de Louis et de sa fille, Rosalie qui, sans l’aide d’une âme charitable, seraient encore dans la misère. À l’été 2012, j’ai fait la connaissance d’un dur à cuire. Il avait tout l’air d’un vrai « bum » avec son pelage noir épais et cotonné, ses stries blanches et ses cicatrices de guerre. Il venait manger la nourriture que je laisse dehors pour les chats comme lui.

Au printemps 2013, mon protégé, que j’avais appelé Bilbo, venait régulièrement et j’avais espoir de l’apprivoiser avant la fin de l’été. Comme j’allais peut-être déménager en juillet, je m’étais promis que je l’apporterais avec moi, car je l’aimais. Un beau jour, j’eu une surprise de taille. Bilbo portait maintenant un collier bleu brillant tout neuf. De plus, quelques touffes de poils avaient été rasées sur son dos. Quelqu’un prenait soin de mon chat! Il fallait que je trouve qui c’était!

En même temps, une nouvelle chatte avait fait son apparition sur mon balcon. Une adorable petite « écailles de tortue » à la toison volumineuse sur un petit squelette maigrichon. Elle venait toujours en coup de vent engloutir la moitié du bol de croquettes en surveillant nerveusement de tous les côtés. Elle était dure à apercevoir. Il faisait froid et le bol se vidait vite tous les jours. Rosalie était toujours affamée. Quand elle arrivait, plus personne ne bougeait dans la maison, on lui laissait le temps de manger à sa faim. Plus les semaines passaient, plus la température se faisait clémente, et plus Rosalie mangeait. Il est vite devenu évident, avec ses petits flancs arrondis, qu’elle était enceinte. Petite chatte de moins d’un an, elle devait survivre dans un monde austère, se nourrir et trouver un abri pour sa portée. Une autre qu’il me fallait capturer, avant qu’elle ne mette bas.

Un jour, elle a cessé de venir… J’avais beaucoup de peine, car elle avait dû accoucher dehors et je ne pouvais plus l’aider. Puis elle est revenue, avalant encore tout ce qu’elle pouvait, car elle avait des petits à nourrir. L’été à passé sans que je puisse les apprivoiser, ni l’un ni l’autre. Je ne suis pas déménagée alors je me suis promis que ça serait leur dernière année dehors. C’est à ce moment-là que j’ai fais la rencontre de la personne qui a changé leur vie. Au mois d’août, la propriétaire du Refuge Chaline m’a appelée pour me demander si j’avais de la place pour une chatte, juste pour une nuit. Son amie qui habitait près de chez moi avait capturé une petite maman et voulait la faire stériliser. Elle s’était occupée de sa portée et les petits étaient tous adoptés. Quelques minutes plus tard, Renée arrivait avec Rosalie dans une cage-trappe. Quelle joie de l’avoir chez moi! La pauvre était très effrayée. Jamais elle n’avait été chatte de maison, tout lui faisait affreusement peur.

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Dans les jours qui ont suivi, Rosalie a eu sa première visite chez le vétérinaire et grâce à Renée, s’est fait stériliser et soigner. Malgré plusieurs semaines à tenter de l’apprivoiser, elle demeurait sauvage et très méfiante, impossible de la toucher. Voyant qu’elle n’était pas du tout heureuse, nous l’avons laissée retourner chez elle, dehors. Elle avait besoin d’aller à son rythme. Maintenant débarrassée de ses parasites et enfin opérée, Rosalie était heureuse. Elle repris du poids et son pelage prit du lustre. En parlant avec Renée, j’ai découverts que c’était aussi elle qui prenait soin de Bilbo. En fait, celui-ci avait un nom depuis déjà deux ans : Louis. Louis commençait à craquer devant les bons soins de Renée. Il faut dire qu’elle sait s’y prendre: pâté humide à tous les jours, cabane chaude et moelleuse l’hiver et coussins ensoleillés l’été, ça plairait à n’importe quel chat. Louis s’est tranquillement laissé apprivoiser. Renée l’a rasé petit à petit et a entretenu son superbe pelage. Traité contre les parasites et bien nourrit, il a élu domicile chez Renée. Celle-ci lui a fait une petite place avec ses deux autres chats, eux aussi rescapés. Son tour est enfin arrivé où il a dû passer sous le bistouri. Fini les galères et les rondes de matous. Partageant son temps entre l’intérieur et l’extérieur, Louis est allé chercher Rosalie. Il désirait lui montrer à quel point Renée était une bonne maîtresse et qu’il ne fallait pas en avoir peur. Les deux passaient leurs journées à dormir sur les coussins de la galerie ou à explorer les environs. Rosalie s’approchait un peu plus à chaque semaine. À son rythme, elle a finalement osé franchir le seuil de la porte pour entrer chez Renée. Au début, elle visitait tous les coins très nerveusement, elle ne restait jamais loin de Louis. Mais sa curiosité et les bons soins de Renée l’ont finalement gagnée. Elle s’est d’abord laissée caresser, puis brosser.

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Cet hiver 2014-15 est le premier que Rosalie passe à l’intérieur, au chaud et à l’abri des intempéries. Elle ne demande plus à sortir. De son côté, Louis patrouille parfois le quartier. Il s’assure que les bols de nourriture chez les voisins soient bien pleins. Il nous inquiète parfois en disparaissant quelques jours pendant de grosses tempêtes, « mais le matou revient, il est toujours vivant. »

1 Bien que Élaine Paquet appuie la cause du bien-être animal et y participe en écrivant des textes pour le site Humanimaltié, elle n’est pas responsable du contenu de ce site mais uniquement de ces chroniques.