Le 28 septembre : journée mondiale de la rage

Par Dre Annie Ross1 ; médecin vétérinaire

La rage est une maladie virale mortelle qui a enflammée l’imagination de bien des gens dont Stephen King qui a écrit un roman intitulé Cujo qui raconte l’histoire d’un chien St-Bernard très gros mais très gentil, est mordu par une chauve-souris enragée. Rongé par la maladie, il tue son maître et aussi un voisin…Mais la rage n’est pas que dans l’imaginaire…Elle existe toujours et est encore bien présente sur Terre.


Qu’est-ce que la journée mondiale de la rage ?

Cette journée est un moment pour attirer l’attention de la communauté internationale sur la rage. Depuis sa création, en 2007, la journée mondiale de la rage vise à sensibiliser les gens au sujet de la rage chez les humains et les animaux et sur la façon dont cette maladie mortelle peut être évitée. Elle suscite la tenue de campagnes de vaccinations dans le monde, ce qui est important pour arriver à enrayer cette maladie chez l’humain. Par exemple, au Mexique, une campagne de vaccination des chiens contre la rage a contribué à diminuer les mortalités humaines de 60 à 20 cas par année.


Qu’est-ce que la rage ?

La rage est une maladie virale qui s’attaque au système nerveux central. Le virus a la capacité d’infecter tous les mammifères, y compris les humains. La rage est normalement transmise par une morsure animale, le virus se trouvant dans la salive d’un animal infecté. Une fois que les symptômes se manifestent, la maladie est presque assurément mortelle.


À propos de la rage dans le monde.

La rage est présente dans plus de 150 pays et territoires. En fait, elle est présente sur tous les continents sauf en Antarctique. Par ailleurs, il faut savoir que plus de 95% des cas mortels chez l’homme se produisent en Asie et en Afrique. Dans ces pays, le chien est le principal vecteur de la maladie.

On a beau être en 2014, chaque année, environ 55 000 personnes meurent de la rage dans le monde. Environ 60 à 70% de ces personnes sont des enfants âgés de 5 à 15 ans. Selon l’Organisation mondiale de la santé, une personne meure de la rage à toutes les 10 minutes.

La rage fait aussi des victimes parmi les animaux. Un peu partout dans le monde, du bétail meurt de la rage. Par exemple, en Amérique latine, des centaines de milliers de têtes de bétail meurent chaque année de la rage contractée par des morsures de chauves-souris vampires.


À propos de la rage chez nous.

En Amérique du Nord, les autorités rapportent environ dix cas de rage humaine par année. Chaque année, aux États-Unis, un à trois cas de rage sont rapportés chez des humains. Au Canada, il y a une moyenne de 2 à 5 cas soupçonnés de rage humaine qui sont testés.

Au Canada, les chauves-souris, les renards, les ratons laveurs et les mouffettes sont souvent responsables de la transmission de la maladie. On diagnostique annuellement une ou deux douzaines de chats et chiens avec la rage et plusieurs autres cas se retrouvent chez les animaux de ferme.


Que pouvons-nous y faire ?

En tant que propriétaire d’animaux, nous devons être sensibilisé et surtout participer à la prévention. En fait, tout chat et chien devrait être vacciné contre la rage. C’est, à mon avis, une question de santé publique ! Le vaccin de la rage est donné à chaque année ou aux trois ans, selon le produit utilisé. Les propriétaires doivent donc s’assurer que la vaccination de leurs animaux est bien à jour.

Hors, on estime qu’environ 75% des chats de la population ne sont pas vaccinés contre la rage. En fait, plusieurs propriétaires de chats ne les font pas vacciner simplement en se disant qu’ils ne vont pas dehors. Hors, je crois que c’est une erreur ! Si une chauve-souris entrait chez vous…Qui serait là pour l’accueillir ? Qui donc a un talent inné de chasseur? Aux États-Unis, on a rapporté environ vingt-quatre cas de chats atteints d’une variante du virus de la rage associée à la chauve-souris. En comparaison, seulement deux cas de chiens ont été décrits.

Les propriétaires d’animaux domestiques devraient aussi empêcher tout contact entre leur animal et les animaux sauvages en les empêchant de se promener librement. La stérilisation des animaux domestiques diminue aussi les chances de fugue, de batailles et de rencontres avec des animaux sauvages.

1 Bien que Dre Annie Ross appuie la cause du bien-être animal et y participe en écrivant des textes pour le site Humanimaltié, elle n’est pas responsable du contenu de ce site mais uniquement de ces chroniques.