OBSERVER LA POSTURE DE SON ANIMAL DE COMPAGNIE? COMMENT? ET POURQUOI?

Dans mon dernier article, je vous ai entretenu du lien entre la posture, l’état émotionnel et l’état mental touchant chaque individu (que ce soit nos chiens, chats, oiseaux, furets, lapins, etc.) et de l’importance de ce lien en TTouch. Influencer la posture, pour modifier les habitudes posturales, a donc un impact sur la capacité d’apprentissage et le comportement de notre animal.

Je vous proposais, pour ce faire, une étape cruciale, soit d’observer la posture de votre animal de compagnie… Mais observer son animal, et particulièrement dans le cadre qui nous intéresse présentement, en observer la posture, nous laisse souvent, disons… avec un manque de vocabulaire! Nous tombons dans le piège de l’interprétation… dans les « on dirait que… », en y ajoutant des mots qui, en soi, reflètent un comportement humain ou une émotion humaine connus, et nous voilà sans le vouloir aux prises avec l’anthropomorphisme*.

Alors, qu’en est-il exactement?

Pour observer plutôt qu’interpréter les comportements de notre animal de compagnie et éviter les pièges susmentionnés, veiller à décrire ce que vous voyez, dans sa plus simple expression. Utilisez tous vos sens, comme vous le feriez en décrivant un objet inanimé. Par exemple, si vous observez un bibelot de votre salon : de vos yeux, vous le direz grand ou petit, de forme ronde ou rectangulaire; de vos oreilles, vous nous diriez si cet objet peut émettre un son aigu ou grave ou s’il est silencieux; de votre nez, vous mentionneriez s’il a une odeur particulière ou s’il peut en dégager une; et en le touchant, vous le qualifieriez de doux ou de rude, de lourd ou léger, etc. Vous comprenez ce que je veux dire, n’est-ce pas? Nous ne donnerons pas une qualité émotive ou une intention à cet objet.

Lorsque nous observons la posture de notre animal, nous pouvons utiliser cette même technique pour éviter les pièges de l’interprétation des émotions et des intentions de notre animal. Utilisez vos sens de la vue, de l’ouïe, de l’odorat et du toucher pour décrire les caractéristiques de votre animal de compagnie. Faites vos observations lorsque celui-ci marche et bouge librement dans divers milieux, tout en respectant les règles de sécurité, bien entendu. Faites aussi vos observations lors de la marche en laisse, pour le chien, le chat ou le furet… ou lorsqu’il est en cage, en notant si vous vous trouver à droite ou à gauche, un peu devant ou derrière l’animal au moment de vos observations puisque votre position influencera la posture, les mouvements et les choix de votre animal. ET SURTOUT, n’oubliez pas d’observer l’absence d’un comportement ou d’un mouvement tout autant que ceux qui vous sont évidents. Par exemple, habitués de voir une boiterie chez un chien âgé, nous pourrions oublier d’observer qu’elle est plus grande à la marche après une longue période de repos qu’après avoir eu les muscles bien échauffés. Nous pourrions aussi oublier d’observer l’absence de vocalises avec un animal qui vocalise constamment et par conséquent ne pas voir les différences de posture entre les deux situations qui y sont associées.

Afin de vous guider dans vos essais, pensez à observer la posture et la mobilité du port de tête de votre compagnon, les odeurs de sa gueule ou les variations de ses vocalises. Observer ensuite son corps, l’amplitude de ses mouvements, sa souplesse lorsqu’il tourne à droite et à gauche, la qualité de sont poil puisqu’il peut y avoir des zones où le poil est sec ou huileux, etc. Puis, n’oubliez pas de regarder sa démarche comme la fluidité de ses mouvements et leur amplitude. Et veillez enfin à observer s’il a un bon équilibre. Et justement, pour ce faire, observez si ses pattes sont bien ancrées au sol et si celles-ci sont rapprochées ou éloignées ou si elles ont entre elles une distance équivalente aux épaules ou aux hanches et si son poids est également réparti sur ses pattes.

À la lecture de ces informations, il peut sembler ardu d’observer son animal de compagnie. Commencez d’abord par une seule partie du corps, et amusez-vous à l’observer pour quelques jours. Notez vos observations… et profitez-en pour en faire un projet de « scrapbooking » ou ajoutez-y des photos selon votre goût et votre humeur… soyez créatif et faites-en un passe-temps si cela vous passionne. Vous verrez, c’est beaucoup plus simple qu’il n’y paraît. Vous saurez vous surprendre à observer, à interpréter, à changer et à améliorer la précision de vos observations.

J’espère que ces quelques pistes vont vous inspirer pour aller à la découverte votre compagnon sous un nouveau jour. Pour ceux et celles, intrigués, qui aimerait en savoir plus, je vous propose deux lectures :

  • Fischer, Sarah. Développez le potentiel de votre chien, L’art de rendre son chien calme et heureux.Broquet, 2007, 128 pages.
  • Rugaas, Turid. Les signaux d’apaisement: les bases de la communication canine. Les Éditions du Génie Canin, 2010.

Vous aimeriez un apprentissage plus axé sur cette pratique, suivez un atelier TTouch d’un de nos praticiens certifés dans votre région ou demandez une consultation privée. Les praticiens sont listés sur TTouchQuébec.com et sur TTouch.ca. Les ateliers sont entre autres annoncés sur la page Facebook TTouch Québec.

Ah! Mais au fait, pourquoi tant d’effort à faire pour apprendre à observer? Car après tout, mon chien je le connais et il me connait, n’est-ce pas?

Et bien pour une raison toute simple : pour être en mesure de reconnaitre qu’un apprentissage a eu lieu, petit ou grand, ou être en mesure d’observer qu’un changement est en cours ou d’identifier qu’une étape a été franchie, nous devons avoir une référence, un élément de comparaison! Car un apprentissage se mesure aux changements qui se produisent, soit en lien avec un comportement de l’animal ou en lieu avec la qualité de son mouvement ou encore de sa gestion de ses émotions. Aussi, savoir comment mon animal est en ce moment, comment il est pendant un exercice et comment il est par la suite représente un atout indéniable.

Prochainement, je vous entretiendrai du lien entre posture et équipement de saison… attachez vos tuques, l’hiver s’en vient!! Enfin, c’est ce qu’on dit…

*Anthropomorphisme, selon la définition du Larousse signifie : Tendance à attribuer aux animaux des sentiments humains, des pensées humaines.

Maryse Perreault Praticienne TTouch certifiée niveau 2 Essence et alliances20131212_134601_4_1

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